Investisseur particulier · Autre secteur · 10 ans de grille DQV
Ce que j’aurais voulu lire il y a quinze ans — avant de comprendre à quel point l’absence de méthode coûte cher, pas en argent mais en temps.
I · D'où je viens
Un autre secteur. Un avantage inattendu.
Je ne suis pas issu de la finance. Je travaille dans un autre secteur — et pendant longtemps j’ai cru que c’était un désavantage. Que les professionnels, avec leurs modèles et leurs accès privilégiés, avaient forcément une longueur d’avance.
J’ai mis du temps à comprendre l’inverse. Un investisseur particulier qui n’a de comptes à rendre qu’à lui-même possède quelque chose que la plupart des professionnels n’ont pas : le droit d’attendre. Pas de reporting trimestriel, pas de pression des clients, pas de biais de consensus à entretenir pour protéger sa carrière.
“Les marchés sont un dispositif qui transfère de l’argent des impatients vers les patients.” — Warren Buffett
II · Comment la méthode s'est construite
Dix ans. Pas une révélation.
Il n’y a pas eu de nuit fondatrice. Pas de perte spectaculaire qui m’aurait tout appris d’un coup. La grille DQV s’est construite progressivement — par accumulation d’observations, d’erreurs moins visibles mais tout aussi coûteuses, et de lectures.
Au début, j’investissais comme tout le monde : en regardant le P/E, en suivant les recommandations d’analystes, en achetant ce qui avait bien performé récemment. Les résultats étaient médiocres — pas catastrophiques, juste médiocres. Ce qui est peut-être pire, parce que ça n’oblige pas à changer.
Graham a apporté la marge de sécurité. Buffett a ajouté la qualité. Taleb a formalisé la résistance aux crises. Pas trois méthodes superposées — une seule grille cohérente.
III · Ce que la méthode m'a évité
Les pièges. Et pourquoi ils sont séduisants.
Ce que la méthode m’a évité compte au moins autant que ce qu’elle m’a rapporté. Les vrais coûts en investissement ne sont pas toujours visibles sur un relevé.
Les value traps d’abord. Les entreprises qui ont l’air décotées parce qu’elles sont structurellement en déclin. F3 (le ROIC sur cinq ans) est là pour ça.
Les bilans fragiles ensuite. F4 (ND/EBITDA) fixe un seuil précis parce que l’intuition sur la dette est systématiquement mauvaise.
Les comptes manipulés enfin. Le Beneish M-Score n’est pas infaillible — rien ne l’est — mais il pose une question que la plupart des investisseurs particuliers ne posent jamais.
IV · Ce que la méthode m'a rapporté
La performance. Et autre chose.
Il y a la performance — et il y a quelque chose de plus difficile à mesurer mais plus précieux encore.
+38,7%
Performance cumulée DQV
13
El Dorado publiés
10+
Années de pratique
Quand une position baisse de 15%, ma première question n’est plus ‘est-ce que je dois vendre ?’ mais ‘est-ce que les critères d’entrée tiennent toujours ?’. C’est simple à écrire. C’est extraordinairement difficile à pratiquer sans une méthode qui répond à la question de façon objective.
V · Pourquoi publier
Pas pour convaincre. Pour tenir.
Je publie cette lettre pour trois raisons, par ordre d’importance.
Parce que l’expliquer m’oblige à la tenir rigoureusement. Un investisseur qui publie ses analyses ne peut pas s’inventer des souvenirs flatteurs. Les archives sont là. Les erreurs aussi.
Parce que la méthode est reproductible et que je n’ai aucune raison de la garder pour moi. Les marchés sont suffisamment vastes pour que plusieurs investisseurs particuliers appliquent la même grille sans se gêner mutuellement.
Parce que ce que j’aurais voulu lire n’existait pas. Une lettre d’analyse value sur les small caps européennes, rigoureuse sur la méthode, honnête sur les erreurs, lisible sans être condescendante.
“Ces pages sont le journal de bord d’un navigateur — ses observations, ses convictions, ses erreurs assumées. Pas des conseils en investissement. Chaque lecteur tient sa propre barre.”
La méthode en pratique
Un El Dorado par mois. Depuis le N°1.
Voir la méthode appliquée concrètement — avec les données, les calculs, et la décision finale.